CHARLY CHANTEUR

 « Il y a eu cette soirée où j’ai hésité à proposer à mon amie le spectacle d’un chanteur méconnu : Charly Chanteur. Allez, ça se tente. C’est ce qu’il a dû se dire Charly Chanteur cette année. Parce qu’on a l’impression que ça y est, dans l’espace-temps tout particulier qu’est celui d’Avignon : un mec hypersensible qui vous chante des chansons drôles sur l’adolescence avec des plumes d’indien sur la tête, ce n’est ni un spectacle visant à casser les codes de la masculinité, ni un alpha mâle déguisé qui fait rire gras avec son objectif annoncé : « vous offrir des fleurs sorties tout droit du jardin de mon cœur ». C’est juste un mec, et un mec juste. Les chansons de Charly Chanteur m’ont profondément émue. Ce n’était pas triste, et ce n’était sûrement pas son intention de nous émouvoir à ce point. Seulement, j’étais assise là, et dans cette époque qui s’annonce, où les hommes ont enfin le droit de se demander qui ils sont, et surtout qui ils veulent être, il n’y a plus eu de barrière pour se glisser entre son émotion et la mienne. C’est rare de voir un chanteur homme ou une chanteuse femme, qui arrive à parler aux deux sexes sans être dans le flirt. L’histoire de ce mec qui passe la nuit à côté de cette fille et qui ne sait pas si elle lui envoie des signes, c’était moi, c’était mon mec, mes potes, c’était nous. Nous. Liés par le fait qu’homme ou femme, cis-ou transgenre, jeune ou vieux, d’ici ou de là- bas, nous formons bel et bien un groupe, celui des êtres humains. »  Julie Tirard, Café Babel –  2019

« Charly arrive avec l’allure de Sparrow, il passe sa sangle de guitare par le bas comme on enfilerait un caleçon en lendemain de soirée, avec grâce, simplicité et charisme. Et là déjà, sans trop savoir pourquoi on se marre. On se marre dès son entrée sur scène, et on se marre encore deux ou trois semaines après… Chamane désorienté, on se fait traîner hors des routes traditionnelles, pour arpenter les sentiers du sarcasme et de l’autodérision. Un spleen doucement hilare, hybride entre parodie dépressive et réalité touchante. Récits de moments vécus, des moments insignifiants qu’on n’oublie jamais, qu’on vit avec le corps et qu’il chante avec le cœur. Jardin des secrets érotiques, Charly, s’inspire de lui-même, se dévoile, et c’est drôle, un peu ridicule et absolument attendrissant » Aurore Gentilhomme, Halo de Vie –  2019